Electrocity

La musique électro à Marseille

Time Out (south of France - 2004)

 

 À Marseille, le Rap demeure, l’Electro s’installe

 Jusqu’à présent lorsqu’on évoquait la scène musicale marseillaise, on pensait surtout au rap et à des groupes tels qu’IAM, la Fonky Family ou le 3ème œil pour ne citer que les plus connus. Si le rap a encore de beaux jours devant lui, il n’a plus le monopole de la création musicale marseillaise. Depuis deux ans, la musique électronique s’installe dans la cité phocéenne, de plus en plus confortablement.

La difficulté principale pour les créateurs de musique électronique a été et reste le manque de structures de diffusion dans la ville. Mais, ils ont réussi à contourner ce manque par des initiatives communes et peu à peu à envahir les lieux de concerts. Aujourd’hui, les labels et les Djs sont de plus en plus nombreux. Jack de Marseille, dont la réputation n’est plus à faire, a été l’un des pionniers et même si aujourd’hui sa carrière internationale le fait bouder la scène marseillaise, la relève est prise par d’autres. Ainsi Dj Paul qui travaille aux platines depuis 1992. Producteur et manager du label Obsession, il gère aussi le café concert magasin Sweet Sofa Lounge et organise des soirées du même nom : Sweet sofa. Le label Obsession a signé aussi bien des labels marseillais que québécois ou anglais. Une autre figure marseillaise, David Carretta qui a monté le label Pornflake. Les Djs se succèdent dans des lieux comme le Trolleybus ou au Café Julien. Celui-ci a été un des premiers à faire jouer des Djs marseillais et internationaux. Depuis, la célèbre Fiesta des Sud a fait de la place dans sa programmation plutôt latino et musique du monde à des soirées de musique électronique avec notamment des événements dans la salle du Cabaret Rouge. Le Perroquet Bleu, qui a changé récemment de propriétaire, organise des matinées bleues. Les Danaïdes, café aux pieds de l’Eglise des Réformés, accorde aussi une belle part dans sa programmation musicale à l’électro. Les incontournables, tels que les brunchs électroniques se dégustent au Web bar. Et l’on retrouve les soirées électro au Bazar, boîte de nuit branchée, au Poste à Galène ou encore au Two Up Australian Café sur le cours Estienne d’Orves avec des Ghost sessions, soirées concoctées par Dj’s Zigz et Nasty. Les soirées Sweet Sofa ou celles animées par Big Buddha se promènent en ville et pas forcément la nuit.

Dans les locaux de la Friche La Belle de Mai, lieu de résidence de nombreuses associations et structures artistiques, l’AMI (Aide aux Musiques Innovatrices) a monté une résidence nommée Electrofriche. Ici durant une dizaine de jours des Djs producteurs travaillent dans des ateliers et les home studios de la Friche et composent ensemble. Le résultat de ces rencontres donne lieu à un concert, retransmis aussi sur Radio Grenouille (radio installée à La Friche). Electrofriche est plutôt considéré comme un laboratoire de travail, ce qui ne l’empêche pas d’avoir été le lieu de rencontre de Dj Oil, Fred Berthet et Arnaud Taillefer, membres des Troublemakers. Ce groupe qui n’a pas fini de faire parler de lui, vient de signer son premier album Doubts ans Convictions chez Guidance recordings, un grand label de musique électronique à Chicago. À côté d’eux, on retrouve Natarj-xt, Dupain ou encore Alif Tree.

Parallèlement à la musique électronique, le rap continue avec une production de disques importante même si les concerts se font rares. L’Affranchi, lieu de diffusion du rap marseillais, situé dans le quartier de St Marcel, encourage de plus en plus les échanges entre rap et électro.

À retenir aussi dans le paysage sonore marseillais, le duo Di Maggio ou la rencontre entre un chanteur parolier Franck Mallauran et Cyril Ximenes, un alchimiste des sons, ils ont sorti leur premier album « Di Maggio » chez WEA. Ce groupe a le vent en poupe, il a participé notamment à la dernière édition des Francofolies de la Rochelle.

À suivre…

Murielle Fourlon 

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